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Apport de l’analyse géodécisionnelle à la sauvegarde maritime.

Spécialité Sciences et génie des activités à risques
Ecole doctorale SMI - Sciences des Métiers de l'Ingénieur
Titre Apport de l’analyse géodécisionnelle à la sauvegarde maritime.
Title Contribution of Geospatial Decision Support Analysis to maritime safety.
Directeur de thèse : M. Aldo NAPOLI - Tel : 04.93.95.74.86
Correspondant Aldo NAPOLI - Tel : 04 93 67 89 15 - Fax : 04 93 95 75 81
Unité de recherche CRC - Centre de recherche sur les Risques et les Crises - - Tel : 04.93.95.75.43
Mots clés Cartes marines, système d’information géographique, géomatique décisionnelle, géocollaboration, sauvegarde maritime
Keywords Maritime maps, geographical information system, Geospatial Decision Support, geocollaboration, maritime safety.
Profil candidat Le doctorant devra avoir de solides connaissances dans le traitement de l’information spatiale et en informatique.

Compétences qui seront acquises par le doctorant durant sa thèse :

A la fin de sa thèse, le doctorant aura acquis de solides connaissances en traitement de l’information marine, en géomatique décisionnelle (Spatial OLAP) et en géocollaboration.
Résumé Dans le cadre de son activité de Recherche & Développement, Le CRC des Mines ParisTech se propose d’évaluer l’apport de la composante géomatique aux systèmes de suivi en temps réel de situations de navires. Une situation est un ensemble d’objets « pistes » et « zones » sur un fond cartographique. Une piste de navire est représentée par des données d’identification, une latitude et longitude, un cap, une vitesse ainsi que des données complémentaires comme les ports de départ et d’arrivée. Une piste est mise à jour toutes les 4-5 secondes dans le meilleur des cas. Ces informations sont fournies par des capteurs radar et AIS, des systèmes de suivi de flotte (VMS, SHIPLOC) des systèmes externes de tenue de situation, des observations visuelles d’un opérateur de surveillance. Une zone est caractérisée par la bathymétrie, des épaves, des points d’Amer, des phares et des ports. A ces informations viendront s’ajouter des données météorologiques (vents, ...) et océanographiques (courants, état de la mer, …). Ces données devront respecter la norme S57 définie par l’Organisation Hydrographique Internationale (OHI).
L’objet de cette thèse est de développer un système d’aide à l’analyse des menaces en mer. Ce système sera fondé sur le traitement de l’information spatiale, la géomatique décisionnelle et la géocollaboration entre acteurs de la sécurité maritime.

Le traitement de l’information spatiale :
Les techniques d’intégration des données sont un maillon important de la chaîne d’extraction de connaissances depuis les données spatiales et spatiotemporelles. En effet, les sources de données sont souvent hétérogènes et nécessitent au préalable une phase de nettoyage et d’intégration. De plus, leur organisation est souvent inadaptées au sujet d’analyse visé et nécessite une modélisation appropriée et une transformation (sujet traité dans cette thèse avec l’élaboration du dossier d’enquête et l’indexation des contenus). Les techniques d’entrepôts de données visent justement l’intégration de sources hétérogènes et la transformation dans un modèle approprié facilitant l’application des outils d’analyse et de fouille de données.
Les dernières années ont vu une croissance phénoménale dans la production et la diffusion, souvent en ligne, de données spatiales et spatiotemporelles de sources aussi variées qu’hétérogènes. Ces données sont habituellement collectées par des systèmes dits transactionnels, lesquels sont optimisés pour assurer la consistance des données et faciliter leur mise à jour. Ces optimisations rendent les données difficiles à exploiter par les gestionnaires et analystes qui nécessitent de l’information agrégée, des comparaisons rapides dans le temps et l’espace, l’extraction de tendances et d’autres opérations complexes pour supporter leurs processus de décision. Parce que les systèmes transactionnels ne sont pas optimisés pour les processus décisionnels, de nouveaux types de systèmes sont mise ne place spécifiquement pour remplir les besoins décisionnels. Ces systèmes, au sein desquels l’entrepôt de données joue un rôle central sont optimisés pour faciliter l’analyse et pour accroître la performance des requêtes complexes. L’information doit être accessible facilement et rapidement à l’aide d’interfaces conviviales et flexibles qui permettent aux utilisateurs d’exploiter son contenu. Les interfaces de types OLAP et (On-Line Analytical Processing) et SOLAP (Spatial OLAP) sont adaptées à ce type de besoin (Bédard et al., 2005 ).
Cela a généré des besoins d’intégration dans des entrepôts de données et des perspectives d’analyse exploratoire et de fouille de données spatiales et spatiotemporelles. Notamment, l’exploration des données spatiotemporelles a donné lieu à des solutions originales extensions de l’OLAP (On-Line Analytical Processing).
L’analyse en ligne ou OLAP est une technique essentielle dans les applications décisionnelles. Elle se base sur la modélisation multidimensionnelle des entrepôts de données. Son application aux données spatiotemporelles soulève des problèmes dus à la complexité des dimensions spatiales et temporelles. De plus en plus de travaux portent sur les techniques OLAP pour des données spatiales et/ou spatiotemporelles (Stefanovic N., Han J., Koperski K. .) quelques travaux récents traitent particulièrement le cas d’objets mobiles (Tao Y., Kollios G., Considine J., Li F., Papadias D. ).
La géomatique décisionnelle :
Afin d’exploiter la composante spatiale des données exploitées dans cette thèse, nous proposons d’exploiter un OLAP Spatial, SOLAP (Spatial On-Line Analytical Processing), développé par l’équipe du Pr. Bédard du Centre de Recherche en Géomatique (CRG) de l’Université Laval (Québec, Canada). Le SOLAP est défini comme « un logiciel de navigation facile et rapide dans les bases de données spatiales qui offre plusieurs niveaux de granularité d’information, plusieurs thèmes, plusieurs époques et plusieurs modes de visualisation synchronisés ou non : cartes, tableaux et diagrammes » (Bédard, 2004 ).
La modélisation multidimensionnelle dans les systèmes OLAP ou SOLAP est indéniablement un facteur de clé de succès des entrepôts aujourd’hui. En effet, elle permet l’analyse en ligne interactive, flexible et multi niveaux des données et produit efficacement de nombreux contenus.
L’intérêt des systèmes OLAP est de pouvoir explorer toutes les dimensions des données spatiotemporelles et de générer des agrégats à différent niveaux de détail. Ce que ne permettent pas les entrepôts SGBD spatiaux actuels.
Traditionnellement, les entrepôts de données sont conçus dans un modèle multidimensionnel (Gray J., Bosworth A., Layman A, Pirahesh H., Data cube ) et définissent des cubes de données que les outils OLAP permettent d’explorer aisément (Agrawal T., Gupta A., Sarawagi S. ). Le paradigme multidimensionnel est intéressant pour l’exploration de données spatiotemporelles, mais il ne peut s’appliquer tel quel car il n’intègre pas le raisonnement spatiotemporel supporté par les requêtes spatiales et/ou temporelles des experts qui authentifient un comportement suspect en temps réel.
Motivé par les limitations des travaux existants, dans cette thèse, nous proposons une nouvelle approche de modélisation des objets mobiles (navires) dans un entrepôt de données pour une exploration de type SOLAP.
Dans un premier temps, sera étudiée une modélisation multidimensionnelle des objets mobiles basée sur des découpages de référence pour l’espace et le temps (Sawary L. et Zeitouni K. , Wan T. and Zeitouni K ). Le modèle représente de manière discrète la mobilité et permet d’intégrer des attributs (ex: le nom du navire, la cargaison transporté, les conditions météorologiques, etc.) dans l’analyse OLAP. L’autre avantage de cette approche est de s’adapter aux modèles d’entrepôt classiques comme le modèle en flocon et de permettre l’utilisation d’outils OLAP classiques.
Dans un second temps, un nouveau modèle d’entrepôt introduisant des notions de dimensions et de faits continu sera conçu. Ce modèle permettra la définition d’un fait mobile sans discrétisation des dimensions spatiales et temporelles. Basés sur cette extension de la modélisation multidimensionnelle, nous proposons dans cette thèse un modèle de représentation et d’indexation permettant le stockage et la résolution efficace de requêtes SOLAP spatiotemporelles sur les données des dossiers.
Des applications SOLAP ont déjà été développées dans le traitement de masses de données spatiotemporelles domaine du transport routier (Larivée et al., 2004 ; Rivest et al, 2004 ; Bauzer-Medeiros, 2006 ). Le SOLAP est donc adaptée au domaine du transport en général, et peut donc être appliqué au domaine du transport maritime.
La géocollaboration :
Il existe déjà des situations de géocollaboration, des outils opérationnels et des acteurs organisés pour agir dans ces situations et plusieurs exemples de conditions propices à la géocollaboration peuvent être cités dans le domaine de la gestion de crises.
La réunion des données dans un outil commun est un premier pas, mais pour qu’ils soient réellement en situation de géocollaboration, il faudrait qu’ils utilisent leurs outils respectifs ou le système d’information commun lors des réunions de coordination. Concrètement, dans les situations de géocollaboration, pour que les acteurs puissent travailler ensemble avec des outils et des données géomatiques, les outils utilisés doivent offrir un certain niveau d’interopérabilité de façon à permettre par exemple (liste non exhaustive) :
• D’obtenir une vue d’ensemble des données mises à disposition par chaque participant, même quand elles sont dans des systèmes distincts.
• De partager une carte en téléconférence, comme si les participants étaient dans la même salle et regardaient le même écran.
• Qu’un participant consulte les données des autres participants.
• Qu’un participant pointe sur un objet et permette aux autres participants de voir l’objet pointé.
• Qu’un participant interagisse sur les données d’un autre participant.
• Qu’un participant dessine sur la carte commune et montre aux participants distants ce qu’il a dessiné.

Le partage de l’affichage graphique des objets permet d’en parler, de penser avec ces objets, de coordonner les actions et les points de vue des participants. La description de ces actions techniques pourrait laisser penser qu’il ne s’agit que de nouveaux dispositifs techniques, ce qui n’est bien entendu pas le cas. La géocollaboration, comme son nom l’indique, suppose qu’un certain nombre de préoccupations d’ordre organisationnel, sémantique, cognitif soient prises en considération.
La géocollaboration concerne en général des situations de coopération inter-organisationnelles (plusieurs acteurs provenant d’organisations distinctes). Cependant même si cela peut surprendre, on peut également évoquer ces concepts dans des contextes intra-organisationnels (divers spécialistes d’une même organisation). On a en effet souvent tendance à considérer que la collaboration devrait aller de soi entre acteurs d’une même organisation. Noucher dans (Noucher, 2006) et (Noucher, 2007) a montré que la capacité des acteurs à collaborer dépendait :
• D’une part, de la proximité de leurs organisations (même organisation, même type d’organisation ou, à l’inverse, organisations aussi éloignées qu’une collectivité et une entreprise privée).
• D’autre part, de la proximité de leurs cultures métier, qui peuvent être très voisines, quoiqu’ils interviennent pour le compte d’organisations très différentes, ou, a contrario, très différentes, même si leurs organisations sont très proches, voire sont une seule et même organisation.
Autrement dit, la facilité avec laquelle les acteurs arrivent à collaborer dépend autant de la proximité de leurs cultures techniques que de celle de leurs organisations, ce qui rend les concepts de la géocollaboration pertinents à la fois dans des situations intra et inter-organisationnelles.
En regroupant un ensemble complet d’outils de collaboration et une mise en œuvre sur une table tactile et interactive multi-utilisateurs, le démonstrateur développé dans le cadre de cette thèse permettra de tester et évaluer concrètement un processus d’analyse progressive de comportements suspects dans un environnement collaboratif entre plusieurs experts ayant des compétences complémentaires. Cette démarche devrait contribuer à plus d’efficacité et permettre d’authentifier une menace durant son déroulement, condition nécessaire pour mener des «early» actions pour en limiter les conséquences.
Thématique La sauvegarde maritime se caractérise par la sécurité et de la sûreté maritimes. La sécurité maritime (contrôle des risques) se définie par la sécurité portuaire, la sécurité des conteneurs, le sauvetage, la sécurité de la navigation, le contrôle du trafic maritime et les centres d’opérations. La sûreté maritime (la lutte contre les menaces) se définie par la lutte contre les trafics, la lutte contre la piraterie et la contrebande, la lutte contre l’immigration illégale, la protection des forces navales, l’anti-terrorisme, la surveillance des pêches.
Domaine La géomatique est une discipline ayant pour objet la gestion des données à référence spatiale et qui fait appel aux sciences et aux technologies reliées à leur modélisation, leur acquisition, leur stockage, leur traitement et leur diffusion, en vue d’aboutir à une information d’aide à la décision, dans un cadre systémique. La notion de système explique la prise en compte de tout ce qui concourt à la réalisation d’un projet de géomatique : les données, les équipements, les logiciels, les spécialistes, le cadre physique de travail ainsi que les procédures qui les coordonnent.
Type de financement Allocations MESR
Partenariat / contrat La thèse sera effectuée dans le cadre d’une collaboration entre le CRC des Mines ParisTech et le CRG de l’Université Laval à Québec (Canada).
L’objet de cette collaboration scientifique initié en 2004, est de permettre aux chercheurs du CRC, spécialisés dans la gestion des risques et à ceux du Centre de Recherche en Géomatique (CRG) de l’Université Laval, mondialement reconnus dans le traitement de l’information géographique, d’échanger leurs connaissances sur leurs disciplines respectives et d’œuvrer pour le montage de projets communs.
Le CRG regroupe aujourd’hui des professeurs-chercheurs provenant de trois pôles géographiques et 4 universités qui sont Laval, Sherbrooke, UQAM et McGill. Articulé autour d'un noyau principal situé au Département des sciences géomatiques de l'Université Laval, on y retrouve maintenant des professeurs de 11 facultés consacrant tous la totalité ou une part importante de leurs énergies à effectuer des recherches novatrices en géomatique. L'équipe possède des expertises en géodésie, positionnement GPS, photogrammétrie, topométrie, cartographie, télédétection, altimétrie laser, système d'information géographique (SIG), analyse spatiale, base de données, intelligence artificielle, traitement d'images, vision numérique, génie logiciel, systèmes distribués, systèmes multi-agents, génie électrique, génie civil, robotique, cognition, visualisation 3D, géographie, droit et gestion. Les membres du CRG présentent également des expertises complémentaires dans divers domaines d'application, mais c'est la contribution des connaissances génériques à la création de méthodes, techniques et instrumentations géomatiques per se qui soude les membres du CRG et qui les distingue des centres œuvrant dans un domaine d'application. Ces derniers utilisent la géomatique comme moyen alors que la géomatique est l'objet d'intérêt premier de ce regroupement.
Sur le plan scientifique, la mission du CRG est d'accroître les connaissances géomatiques pour créer des méthodes, techniques et instrumentations innovatrices permettant aux spécialistes de différents domaines d'application de produire leur information géospatiale dans le contexte moderne des nouvelles technologies de l’information et des communications (NTIC), de l'interopérabilité et de l'appropriation sociale de ces solutions.
Le CRG regroupe maintenant 25 chercheurs réguliers dont 14 à l’Université Laval, 15 chercheurs associés, 7 chercheurs collaborateurs et 5 stagiaires postdoctoraux. 26 thèses de doctorats et 46 maîtrises sont actuellement en préparation.
Objectif La grande difficulté de la géocollaboration est d’arriver à instaurer une certaine confiance et une capacité des experts à coopérer au-delà des clivages culturels, sociologiques, psychologiques ou cognitifs entre eux et/ou entre leurs organisations respectives (Pornon, 2007) . Jankowski (Jankowski et al., 1997) a établi une typologie des relations instaurées par les experts, réutilisé dans (Pornon, 1998) et (Pornon, 2004) pour qualifier les relations établies par les experts (individus) impliqués dans un partenariat qui peut être inter-organisationnels :
• Communication : les experts se parlent (mais n’ont pas encore le souci d’harmoniser leurs actions). Exemples : information réciproque sur les hypothèses d’authentifications avec projet de les confronter ensemble.
• Coordination : les acteurs ont le souci d’harmoniser leurs expertises entre elles, mais pas encore celui de faire ensemble une expertise. Ils partagent par exemple les résultats et le cheminement pour arriver aux résultats, ils échangent des recettes, méthodes, expériences, ils partagent des données ou procèdent à des acquisitions de données de manière commune, ils échangent des données sans effort de mise en cohérence.
• Coopération : les experts participent à des réalisations communes et partagent des tâches communes, mais n’ont pas forcément la volonté de coopérer au delà de la réalisation envisagée. Ils se répartissent par exemple la saisie ou l’actualisation de données entre partenaires, réalisent des catalogues de données communs, échangent des données entre partenaires en faisant un effort de mise en cohérence.
• Collaboration : les experts participent à des réalisations communes sur la base d’objectifs qui dépassent ces réalisations. Ils utilisent par exemple un système commun pour prendre des décisions ensemble. De notre point de vue, on peut commencer à parler de géocollaboration dès le troisième stade (coopération), mais elle se situe surtout au quatrième. C’est ces situations 3 et 4, par le développement d’outils appropriés, que cette thèse ambitionne de démontrer, de tester et d’évaluer les performances dans un enjeu qui est la sécurité des approvisionnements en énergie et des transports des passagers par mer.

Les situations de géocollaboration permettent donc effectivement de dépasser l’usage individuel et autonome de système de traitement de l’information, en créant des capacités pour les experts de travailler ensemble. Mais on imagine bien les difficultés qu’il va falloir affronter pour rendre la géocollaboration efficace. Si on énumère les principales difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de dispositifs de géocollaboration, on peut évoquer, par ordre croissant de complexité, sans être exhaustif :
• Un processus et des outils qui satisfont la totalité des besoins d’un groupe d’experts pour mener leur analyse et d’authentifier une menace.
• Des configurations des IHM qui répondent aux exigences d’un groupe d’experts pour conduire et valider des raisonnements sur la nature de la menace analysée.
• Un standard de dossier d’enquête qui permet de prendre en compte l’ensemble des attendus, en termes de formalisme, contenus et résultats, des différentes organisations auxquelles appartiennent les experts.

L’expérience passée montre que des géocollaborations sont possibles et on a remarqué, dans de nombreux exemples opérationnels, que même si les experts proviennent d’organisations différentes, ils partagent jusqu’à un certain point les mêmes préoccupations et la même culture technique.

Les entrepôts de données et les systèmes OLAP actuels ne s’appliquent pas à des requêtes qui exigent des agrégations groupées par localisations, intervalle de temps et/ou attributs d’objets mobiles qui forment des critères de regroupement.
Ces requêtes exigent le calcul d’agrégats par intervalles de temps et zones de l’espace. Ce résultat d’agrégation dépend de la trajectoire des objets qui forment une variation continue selon les dimensions temps et espace.
Les critères de regroupement ne sont pas forcément connus à l’avance et ne peuvent pas se référer à un découpage spatial ou temporel prédéfinis. En toute rigueur, aucune discrétisation préalable de l’espace ou du temps ne serait satisfaisante et donc, leur caractère continu doit être pris en compte, le mieux possible, dans les dimensions et dans l’analyse.
En conséquence, dans cette thèse, il conviendra d’étudier et développer un modèle d’entrepôt spécifique :
• Pour décrire la variation continue de trajectoires d’objets mobiles, qui nécessitera d’étendre les notions de faits et dimension. Les dimensions sont étendues aux valeurs continues. Les faits sont étendus aux faits continus et ne sont plus nécessairement rattachés à un événement comme dans les modèles classiques. Un fait mobile est continu car c’est une variation continue du temps dans l’espace (cas d’une chronologie d’alertes attachées à un navire en voyage).
• Pour dériver une structure de données basée sur des intervalles pour représenter des faits mobiles.
• Pour mettre en œuvre une structure d’index (par exemple de R-tree étendu) et l’utiliser pour optimiser des requêtes spatiotemporelles OLAP.

Le problème sera donc de traiter efficacement l’agrégation par intervalle ou par combinaison d’intervalles et de dimensions discrètes. La combinaison d’intervalles traduira des requêtes spatiotemporelles, tandis que les dimensions discrètes se feront par exploration par attributs de l’objet.
Quelques travaux ont été réalisés selon cette approche et qui proposent d’exploiter le stockage d’agrégats dans des index R-tree (HO C., Agrawal R., Megiddo N, Srikant R. et Jurgens M and H.J. Lenz ). Mais ces travaux ont été limités à des agrégats simples de type algébriques.
Contexte « Quiconque est maître sur la mer a un grand pouvoir sur la terre » (Cardinal de Richelieu)
Le transport maritime est de plus en plus un enjeu de premier plan pour le développement économique des nations. En effet, 90% des échanges internationaux et 43% des échanges entre les pays européens se fait par voie maritime. La liberté de navigation dans les eaux territoriales (jusqu’à 12 miles nautiques) et dans la zone économique exclusive (200 miles nautiques) est garantie par la Convention internationale de Montego Bay, à condition que le passage soit inoffensif.
Pour garantir des conditions sécuritaires de passage dans les eaux territoriales et exclusives économiques françaises, aujourd’hui un réseau de sémaphores côtiers est installé et des unités de garde côte, de la gendarmerie maritime et des forces armées (navires et aéronefs) se déploient sur des vastes territoires maritimes mais ne recueillent des informations que pour des zones maritimes limitées. C’est pourquoi il est envisagé de disposer dans le futur de système de surveillance globale et permanent de recueil de données permettant de mieux gérer les contrôles et interventions et assurer la sauvegarde de nos espaces maritimes.
Pour cette prise de contrôle des espaces maritimes sans empêcher ou restreindre le libre échange, il est aussi nécessaire de développer des outils d’analyse automatisée par croisements des informations pour suivre dans le temps et l’espace la situation des activités en mer ou liées à la mer, les flux de marchandises et détecter ainsi une part des activités criminelles (flux de produits illicites).
Méthode La thèse se composera de deux phases : le recueil de l’état de l’art et la recherche de solutions géomatiques adaptées à la sauvegarde maritime.

1. Le recueil de l’état de l’art
Le recueil de l’état de l’art, se compose des trois étapes suivantes :
- Articulation entre traitement spatio-temporel et traitement en temps réel et en temps réfléchi de l’information : état de la question,
- Méthodes et outils de la Géomatique : état de la question, éléments de définition, de notions et de concepts et de méthodes.
- Application de la Géomatique au domaine de la sauvegarde maritime : état de la question, étude de travaux sur les applications récentes de la Géomatique. Lorsqu’il le sera possible, le retour d’expérience de ces applications sera également précisé en terme de performance et de complexité de mise en œuvre.

2. La recherche d’une solution adaptée au contexte de la sauvegarde maritime
La recherche d’une solution adaptée au contexte de la sauvegarde maritime a pour objet d’analyser les sciences et les technologies géomatiques existantes et de déterminer les mieux adaptées au contexte du système d’analyse en temps réel de situation de navires.
Etude des contraintes liées au contexte de la sauvegarde maritime
L’étudiant(e) tiendra compte des contraintes liées à la conception d’un système d’analyse en temps réel de situations de navires. Elle s’attachera également à définir les référentiels et nomenclatures à respecter ainsi que les normes à appliquer.
Etat de l’art sur les bases de données spatio-temporelles et les technologies géomatiques utiles à la sauvegarde maritime
L’étudiant(e) réalisera lors de cette étape :
- La description des thèmes d’informations géographiques nécessaires à l’analyse de situation dans un contexte de sauvegarde maritime ; on s’intéressera également à leur granularité,
- La description détaillée des thèmes en mentionnant les classes d’objets (nom, représentation géométrique, attributs), la précision de localisation, les échelles de représentation la taille minimale de prise en compte de l’information, le territoire, la qualité interne et externe,
- La définition des offres de marché en terme de bases de données spatio-temporelles utiles à l’analyse de situation,
- La description des techonoligies géomatiques utiles à la conception d’un logiciel d’analyse de situation dans un contexte de sauvegarde maritime, déterminant les capacités, les avantages et inconvénients, les contraintes techniques de chaque outils.

Définition des solutions adaptées au système d’analyse en temps réel de situations de navires
L’étudiant (e) définira la solution technique la mieux adaptée au contexte de suivi en temps réel de situations de navires et les choix de réalisation à adopter. Les acquis de cette phase du projet devront permettre de servir de fondement à la conception et au développement d’un prototype.
La comparaison entre les différentes technologies géomatiques étudiées se fera en terme de :
• Réponse aux besoins,
• Facilité d’appropriation,
• Méconnaissance de certains outils,
• Gestion des données produites,
• Effort d’organisation,
• Causes d’échec,
• Souplesse d’évolution dans le temps sur les plans fonctionnel, technique et organisationnel,
• Coût initial et coût de mise à jour.
Résultat attendu Le démonstrateur développé durant cette thèse permettra d’évaluer la pertinence de la géomatique décisionnelle à l’aide à l’analyse de comportements de navires en haute mer. Ce démonstrateur intègrera les différentes bases de données délivrées par le SHOM (Service Hydrographique et Océanographique de la Marine), des données météorologiques et environnementales permettant une analyse spatiale de la situation. L’IHM et les fonctions du démonstrateur seront développés à l’aide des logiciels JMap de Kheops Technologies et SOLAP développé par le CRG de l’Université Laval à Québec.
Réference biblographique Ouvrages et contribution à des ouvrages
Morel M., Napoli A. et Littaye A., 2009 : « Surveillance en mer » Ed. Lavoisier, Collection Sciences du Risque et du Danger ; à paraître.
Morel M., Littaye A., Saurel C, Proutiere Maulion G., Napoli A.,Valles S., 2009 : « Sécurité et sûreté maritime : traitement et authentification des menaces et des risques en mer» ; In. « Gestion de la complexité et de l’information dans les grands systèmes critiques » ; Editions SEE/CNRS, 11 p.
Iris J., Chemitte J. et Napoli A., 2007 : “Web-GIS platform initiative for natural hazard exposure assessment for insurance community”, The Geospatial Web : How Geo-Browsers, Social Software and the Web 2.0 are Shaping the Network Society, Edited Springer Book.

Revues nationales et internationales avec comité de lecture
Morel M., Napoli A., Littaye A., Gleizes M.-P., Bazin V., Alhadef B., Scapel C., Leroy B., Lebrevelec J. et Dejardin D., 2007 : « Surveillance et Contrôle des Activités des Navires en Mer » ; Revue de l’Electricité et de l’Electronique ; Dossier hors série «La sécurité globale : menaces et réponses » ; pp. 50-58.
Garbolino E., Napoli A. et Guarnieri F., 2006 : « Information Géographique et Gestion des Risques ». Numéro Spécial de la Revue Internationale de Géomatique, vol. 16 n°3-4 : 293-544.

Articles dans des colloques nationaux et internationaux avec comité de lecture
Morel M., Littaye A., Saurel C, Poirel O., Napoli A.,Vales S et Proutiere Maulion G., 2009, TAMARIS : Traitement et Authentification des MenAces et RISques en mer, Conférence WISG (Workshop Interdisciplinaire sur la Sécurité Globale) ; 27-28 janvier 2009 ; Troyes, France.
Littaye A., Morel M., Bonnot A., Napoli A., George J.-P., Giraud M.-A., Jangal F. Botalla A M., 2008, Trafic Maritime : détection des comportements anormaux des navires, 7èmes journées scientifiques et techniques du CETMEF, 8-10 décembre 2008, Paris.
Jangal F., Giraud M.-A., Morel M., Mano J.-P. et Napoli A., 2008 : “Extraction of Suspicious Behavior of Vessels in the Exclusive Economic Zone” ; Conférence internationale ISAP’08 (International Symposium on Antennas et Propagation) ; 27-30 octobre 2008 ; Taipei, Tawain.
Jangal F., Alhadef B., Morel M., Mano J.-P., Napoli A., Littaye A., Scapel C., Lebrevelec J. et Dejardin D.,, 2008 : “Sense, Enrich and Classify : the ScanMaris Workshop for Assessment of Vessel’s Abnormal Behavior in the EEZ » ; Conférence internationale OCEANS’08 (Oceans, Poles and Climate: Technological Challenges) ; 15-18 septembre 2008 ; Quebec, Canada.
Morel M., George J.P., Littaye A , Jangal F., Napoli A.et Giraud M.A., Lebrevelec J., 2008 : ScanMaris : automatic detection of abnormal vessel behaviours ; Colloque internationale 3AF : L’Europe et la transformation de ses forces ; 5-7 février 2008 ; Paris.
Morel M., Napoli A, Littaye M., Gleizes M.P., Jangal F., Alhadef B., Scapel C., Lebrevelec J. et Dejardin D., 2008 : « Surveillance et contrôle des navires en mer » ; Conférence WISG (Workshop Interdisciplinaire sur la Sécurité Globale) ; 29-30 janvier 2008 ; Troyes, France.
Michel Morel, A Napoli, Anne Littaye, Marie-Pierre Gleizes, Pierre Glize. ScanMaris : an Adaptive and Integrative Approach for Wide Maritime Zone Surveillance. Dans/In : Cognitive systems with Interactive Sensors (COGIS 2007), Stanford University California USA, 26-27 novembre/November 2007, p. 10-14.
Morel M., Glize P., Littaye M. Bazin V., Napoli A., Alhadef B. et Lebrevelec J., 2007 : « ScanMaris», Conférence Internationale Saferseas (Sécurité maritime et protection de l'environnement marin), 9-12 octobre 2007, Brest, France.
Morel M., Glize P., Littaye M. Bazin V., Napoli A., Alhadef B. et Lebrevelec J., 2007 : « Developing and Evaluating Solutions of Preventionand Monitoring Maritme Borders: ScanMaris», Conférence Internationale MAST (Maritime Systems and Technology), 14-16 novembre 2007, Gênes, Italie.
Morel M., Napoli A., Littaye A., Gleizes M.-P., Bazin V., Alhadef B., Scapel C., Leroy B., Lebrevelec J. et Dejardin D., 2007 : « Surveillance et Contrôle des Activités des Navires en Mer » ; Conférence OCOSS (Innovations dans les techniques pour l'observation des côtes et des océans : senseurs, modélisation et systèmes) ; 26-27 juin 2007, Paris.
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Site de Travail : Sophia-Antipolis
Début de la thèse1 octobre 2009
Date dépôt 6 mars 2009
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